Ordonnance du Conseil de Rolle en 1709

De la part du Conseil

Ayant remarqué jusques ici la mauvaise conduite que plusieurs particuliers du lieu tiennent en portant du feu de maison à autre sans aucune précautions, et que l’on a bien des sujets de rendre grâces à Dieu si le lieu n’a pas été embrasé plusieurs fois par ce défaut leur y prévenir à la suite. Il est très expressément défendu a toutes personnes de quelle condition, aage, & sexe que ce puisse être de porter aucun feu en braise de maison & autre que dans des bassinoires, et en chandelles ou lampes dans des bonnes lanternes en quel temps & heure que ce soit, ni de faire aucun feu dans les rues, la peine au contrevenants de cinq florins d’amende par chaque fois dont la moitié sera à Madame la Baronne et l’autre moitié à la Ville a forme de la Loy sans espérance d’aucune grace, soit qu’il y ait lieu de craindre ou non, & sans etre …aucune excuse, sous quel pretexte que ce puisse être. Enjoignant à tous Bourgeois et habitans par le serment qu’ils doivent & qu’ils ont preté a leurs receptions d’y tenir main & rapporter au S. Gouverneur tous ceux qui tomberont en faute. Exhortant aussi chacun un chacun de prendre soin exact de n’aller ni eux ni leurs domestiques dans les Granges & Ecuries, ou autres lieux dangereux avec du feu sans Lanternes, a peine de même amende, & de repondre des malheurs qui pourroyent arriver par ce moyen, dont Dieu nous préserve, cela étant a la charge des chefs de famille qui en repondront, & qui sont d’ailleurs exhortés de tenir leurs cheminées en état, & les faire netoyer, & ceux qui seront trouvés en défauts seront à la même amende, & et répondront de même des accidents.

Et comme l’on voit avec un déplaisir sensible & une grande crainte que plusieurs personnes s’amusent a fumer du tabac en vue même dans les Granges, Ecuries & autres lieux dangereux qui pourraient cause des grands maux. Il est de même a un chacun qui que se puisse être de fumer ainsi publiquement sur des lieux dangereux, sous les mêmes peines et amendes cy dessous exprimées. D’intention que les peres, meres ou tuteurs repondront pour leurs enfans ou pupies & les maitres pour leurs domestiques, sauf leurs recours, & si il y en a des pauvres qui ne puisse payer l’amende  ils seront renvoyé au Civil pour être punis selon l’exigence du fait & afin que personne ne puisse ignorer cette ordonnance, elle sera non seulement lue au lieu accoutumé, mais aussi affichée au pilier public. Le 22 août 1706.

Archives communales de Rolle

Retrouvez-nous sur les réseaux sociaux