Madame de Stael

Madame de Stael de son bref passage à Rolle

En 1792 les Necker quittèrent temporairement Coppet, alors troublé par la Révolution Genevoise, et, avec l’aide de Gibbon, prirent une maison (toujours existante) au 99 Grande Rue à Rolle, qui se trouvait du côté sûr de la frontière Bernoise. C’est ici, en septembre 1792, que Germaine arriva, elle-même échappée des massacres de septembre parisiens, où elle avait fait une apparition courageuse et terrifiante avant un comité de la Commune où se trouvaient Robespierre et Collot d’Herbois (un ancien directeur du théâtre de Genève) ; son attelage fut encerclé et attaqué par une foule furieuse. Elle était enceinte, et son fils Albert vit le jour à Rolle le 20 novembre. Sa chambre à coucher avec ses boiseries et ses papiers peints peut encore aujourd’hui être visitée et admirée. Mais Germaine était loin d’être heureuse dans « ce trou de Rolle », comme elle l’appelait : son amant, Narbonne, exilé en Angleterre à Juniper Hall près de Dorking, occupait toutes ses pensées ; elle fit une tentative de suicide ; puis, en janvier 1793, elle s’échappa de la maison de Rolle, fit un très périlleux voyage à travers la France, et réussit à le rejoindre. En juin, cependant, elle était de retour à Coppet (où se trouvaient ses parents) pour retrouver son mari. C’est là qu’elle rédigea ses Réflexions sur le procès de Marie Antoinette.

Il existe d’intéressantes lettres de Madame de Severy à son fils, alors au service de la patrie comme lieutenant de dragons à Bossey sur Nyon. Madame de Sévery épouse du propriétaire de la maison, y relate les conditions de vie et location de l’immeuble à la famille Necker réfugiée temporairement à Rolle.

A l’évidence, c’est Gibbon, ami à la fois des Sévery et des Necker qui à joué le rôle de liaison entre les deux familles à une époque où la bourgeoisie cherchait à resserrer les liens entre elle.

Informations rassemblées par Denys Jaquet

Syndic de Rolle et Président
de l’Association des Amis du Château de Rolle