Le Martinet noir au Château

Le château de Rolle est un des très rares exemples de nichage du Martinet noir à faible hauteur.

L’un des membres éminent de l’Association des Amis du Château s’appelle Bernard Genton, ornithologue passionné et passionnant. Nous lui devons d’avoir attirer notre attention sur cette particularité du Château de Rolle Voir l’article paru dans le journal La Côte.

Caractéristiques

  • poids moyen : 42 g
  • longueur : 16 cm
  • envergure : 42 à 48 cm
  • longévité : entre 10 et 20 ans

Comportement

Excellent voilier, le martinet peut atteindre des vitesses de 140 km/h et passe sa vie entière à voler. Il ne se trouve à terre qu’exceptionnellement et, bien sûr, après l’éclosion et au moment de la ponte. Sa vitesse en fait l’un des animaux les plus rapides. Extrêmement précis, il est capable d’entrer dans un petit trou de mur, où il a installé son nid, sans diminuer son allure.

Les martinets se déplacent toujours en bande, parfois très importante. Le Martinet noir passe l’hiver en Afrique, principalement au sud de l’équateur, et migre à la fin du printemps. D’abord visible dans le sud de l’Europe, il gagne peu à peu l’ensemble du continent jusqu’à la Scandinavie et la Sibérie.

Le martinet noir se nourrit du plancton aérien qu’il recueille jusqu’à 4 km d’altitude. Il capture plus de 500 espèces différentes d’insectes qu’il est capable de reconnaitre en plein vol. Si les conditions météorologiques ne permettent pas une alimentation suffisante, le martinet peut changer de région. Ils dorment en volant en groupe de façon circulaire ou au grès de courants aériens en recherchant des zones d’inversion de température à quelques kilomètres d’altitude.

Cette espèce se reconnaît aisément de l’Hirondelle par son corps plus effilé et plus grand, une coloration générale bien plus foncée et sans zones blanches. De même les grandes troupes qu’ils forment et les cris perçants qu’ils poussent sont caractéristiques. Ces poursuites stridentes dans lesquelles on observe beaucoup de jeunes adultes non nidificateurs marquent les limites du territoire d’une colonie de martinets.

Nidification et reproduction

Les martinets construisent leur nids dans des anfractuosités de murs et ne se voient que dans les villes et les villages. Ils sont en général fidèles à leur nid qu’ils réutilisent chaque année. La maturité sexuelle est atteinte à partir de la 3e année.

La femelle pond deux à trois œufs qu’elle couve seule durant 18 à 21 jours. Elle est, durant ce temps, nourrie par le mâle. Les deux parents s’occupent de l’alimentation des jeunes qui peuvent quitter le nid après 5 à 6 semaines. Les adultes stockent les insectes qu’ils capturent dans leur gorge, ce n’est que lorsque cette balle atteint 1 ou 2 g qu’ils reviennent nourrir leurs petits.

La croissance des jeunes est marquée par deux périodes d’amaigrissement, au moment de la formation du plumage et au moment de l’envol. Ils n’est pas rare qu’à cette date les parents aient déjà débuté leur migration vers l’Afrique. Les jeunes doivent se débrouiller tous seuls en quelques jours pour apprendre à chasser. Sauf exception, ils passeront près deux ans sans se poser.

Migration

C’est une espèce migratrice qui en été à une aire de répartition qui couvre une grande partie de l’Eurasie (Europe occidentale, bassin méditerranéen, Asie centrale, nord de la Chine) et qui rejoint en hiver une bon tiers de l’Afrique au sud de l’équateur.

Raréfaction des martinets

  • Les dépressions océaniques provoquant des périodes de mauvais temps continu au moment de la nidification peuvent certaines années décimer les colonies de martinets (adultes reproducteurs et poussins). Seul le comportement particulier des jeunes adultes peut les sauver.
  • Les constructions modernes n’offrent plus guère de sites de nidification favorables à cette espèce originalement inféodée aux falaises et qui avait trouvé dans les constructions humaines traditionnelles (tours, clochers, batiments élevés en pierres) des sites favorables (dessous de toit, trous entre les pierres).

Parasites

Un ectoparasite fréquent du martinet noir est un diptère hématophage, la cratérine (Crataerina pallida).

Autres espèces du genre Apus visibles en France

  • Apus melba ou Tachymarptis melba – martinet à ventre blanc ou martinet alpin ou encore martinet royal. Ce grand martinet deux fois plus lourd que le martinet noir se rencontre dans le sud-est de la France.
  • Apus pallidus – martinet pâle. Difficile à distinguer du martinet noir, méditerranéen.

Sources

Texte: Erich Kaiser

Attirer le martinet noir pour nicher
Les endroits adéquats pour nicher manquent au martinet noir. Il a bien du mal à découvrir de nouvelles places, souvent il ne trouve pas les nichoirs mis à sa disposition. Dans la pratique il s’est avéré que les nichoirs étaient remarqués avec succès à l’aide des cris-réponse spécifiques enregistrés!

Le martinet noir (Apus apus) ressemble par sa silhouette et son vol rapide à une hirondelle, mais il n’a pas de liens de parenté proches. Du bec au bout de la queue il mesure en moyenne 17 centimètres, son envergure est d’environ 40 centimètres. Au contraire de l’hirondelle, le plumage du martinet noir est, sauf une tache claire sur la gorge, tout à fait sombre, il est aussi plus gros. Il attrape sa nourriture dans l’air: des insectes et petites araignées portées par le vent et les courants d’air chaud souvent à une hauteur considérable.

Le martinet noir fait son nid de préférence dans des encoignures de bâtiments, élevées du sol, par exemple dans les charpentes des toits. Il niche vers la mi-mai, la ponte comprend en règle générale 2 à 3 oeufs blancs, chacun avec 2 jours d’intervalle. Ils sont couvés pendant 18 à 25 (en moyenne 19) jours, après l’éclosion les jeunes restent au nid pendant 38 à 56 (souvent 42) jours, selon les conditions météorologiques. Les martinets noirs nichent, quand ils en ont la possibilité, en colonies qui comptent jusqu’à plusieurs douzaines de couples. Une période pluvieuse peut mettre les adultes en difficultés, car ils ne trouvent plus assez de nourriture. Il arrive dans ce cas, que les oiseaux migrent dans des régions meilleures, à des centaines de kilomètres de leur nid. Pendant ce temps, les jeunes tombent dans un état d’engourdissement: leur coeur bat plus lentement et la température du corps baisse; ils peuvent survivre ainsi pendant près de 2 semaines, s’ils ont déjà acquis une certaine endurance.

Les conditions de vie des martinets noirs se sont aggravées dans les dernières décennies, les places pour nicher disparaissent, car les vieux bâtiments sont abattus ou rénovés et les nouveaux bâtiments n’offrent que rarement des refuges adéquats pour les oiseaux. Depuis longtemps déjà les protecteurs des oiseaux essayent d’aider les martinets noirs avec des nichoirs. Mais le martinet noir ne trouve pas souvent les nichoirs mis à sa disposition, il a bien du mal à découvrir de nouvelles places pour nicher; les étourneaux et les moineaux sont beaucoup plus ingénieux sur ce point.

Lorsqu’il revient d’Afrique la première fois, le jeune martinet noir a presque 1 an et cherche contact avec une colonie existante. Avant qu’il ne trouve une place libre des années passent. Beaucoup d’oiseaux ont 3, 4 ou 5 ans quand ils nichent pour la première fois. Les martinets noirs non-nicheurs effectuent souvent, matin et soir, des jeux en vol et encerclent en groupes de 10 à 50 individus, avec des cris puissants, les bâtiments dans lesquels les nids se trouvent. Les congénères nicheurs leur répondent de l’intérieur avec des cris nommés cris-réponse. De longues recherches en Allemagne et en Hollande prouvent que l’on peut attirer le martinet noir à un endroit précis pour qu’il niche, en jouant des cris-réponse provenant d’un enregistrement. L’attention des non-nicheurs est attirée sur les nichoirs parfois libres depuis des années. Les oiseaux nicheurs ne réagissent pas par contre, car ils ont déjà une place.

Veuillez observer les points suivants:

Les nichoirs pour martinets noirs doivent être suspendus sur des bâtiments loin du sol, au moins à 6 ou 7 mètres de haut. L’envol ne doit pas être entravé par des arbres. Les nichoirs ne peuvent être fixés du côté sud que s’ils sont protégés du soleil par des balcons ou corniches, à part ça toutes les directions sont permises. Les nichoirs peuvent aussi être fixés sur des rebords de fenêtres; vous pouvez ouvrir les fenêtres comme avant. Il est inutile de mettre des nichoirs pour les martinets noirs non-nicheurs dans des sites où il n’y a pas déjà des martinets noirs nicheurs. En effet, les non-nicheurs volent à portée de voix des oiseaux nicheurs.

Le martinet noir revient chez nous fin avril ou début mai, il nous quitte à nouveau fin juillet ou début août. Les oiseaux non-nicheurs qui découvrent les nichoirs trop tard, par exemple mi-juillet, ne nichent plus cette année, mais remarquent la place pour l’année suivante!