Le Duc de Noailles séjourna à Rolle au début du 19ème siècle. Installé dans la propriété des Uttins, (domaine ayant appartenu à Amédée de la Harpe), son passage, si discret fût-il, a cependant durablement marqué les rollois. En effet, c’est lui semble t-il qui pria son pâtissier de bien vouloir transmettre la fameuse recette des petits-pains à un boulanger local. L’histoire des petits-pains de Rolle était née.

Outre cette anecdote, nous avons à faire à une personnalité de l’Histoire de France qui mérite que l’on s’attarde sur sa biographie.

Il est le fils du maréchal Louis de Noailles (1713-1793), 4ème duc de Noailles, et de Françoise-Charlotte de Cossé-Brissac (1724-1794).

En 1755, à seize ans, il épouse Henriette d’Aguesseau. À la même époque, il est colonel du régiment de dragons Noailles cavalerie.

Carrière militaire

Participant notamment aux quatre dernières campagnes de la guerre de Sept Ans (1756-1763), il gravit les échelons de la hiérarchie militaire : il est maréchal de camp en 1770, et atteint le grade de lieutenant général en 1784.

En 1781, il est nommé au Conseil supérieur de la guerre où il propose notamment des réformes visant à améliorer les conditions de vie des soldats. Il peut y exercer son tempérament appliqué, minutieux et travailleur et y appliquer ses idées philosophiques.

 

Un homme des Lumières

Dans l’esprit du temps, il fait profession d’irréligion et de scientisme, tenant l’homme pour une « moisissure » et proclamant que l’âme n’existe pas. Reçu à l’Académie des sciences (France), Académie royale des sciences en 1777, il y présente des mémoires de physique et de chimie.

La Révolution et l’Empire 

Sous la Révolution française, il émigre, une première fois en 1791 puis, définitivement en 1792 après avoir défendu les Palais des Tuileries lors de la journée du 10 août 1792. Il laisse derrière lui sa femme, qui est guillotinée, ainsi que leur fille aînée (et sa mère, la vieille maréchale de Noailles) le 4 thermidor an II (22 juillet 1794, alors que lui se trouve à Rolle (Vaud) en Suisse ou souvent à Greng. C’est là qu’il rencontre sa seconde épouse, la comtesse Golowkine.

Il rentre en France sous la Restauration française qui le fait entrer à la Chambre des pairs et le nomme à l’Institut de France.

Mariages et enfants

Le 25 février 1755, il épouse Anne Louise Henriette d’Aguesseau (1737-1794), petite-fille de Henri François d’Aguesseau, une femme très pieuse avec laquelle il a très peu vécu, elle habitant à Paris, lui se trouvant soit à l’armée, soit à la Cour. Ils ont cependant eu dix enfants : huit filles, dont cinq ont atteint l’âge adulte, et deux garçons morts en bas âge :

Antoine Paul Louis de Noailles (1756-1757) ;

Anne Jeanne Baptiste Pauline Adrienne  »Louise » Catherine Dominique de Noailles (1758-1794), qui épouse (1773) Louis Marc Antoine de Noailles, vicomte de Noailles ;

Adrienne de La Fayette Marie  »Adrienne » Françoise de Noailles (1759-1807), qui épouse (1774) le marquis de La Fayette;

Françoise Antoinette Louise de Noailles (1763-1788), qui épouse (1779) Marie François Scipion de Grimoard de Beauvoir du Roure, marquis du Roure (†1782), se remarie (1784) avec Jean François Bérenger, comte de Thézan du Poujol (†1804), maître de camp de cavalerie ;

Anne Pauline Dominique de Noailles (1766-1839), qui épouse (1783) Joachim de Montagu-Beaune, marquis de Pouzols (†1834) ;

Angélique Françoise d’Assise  »Rosalie » de Noailles (1767-1833), qui épouse (1788) Théodule de Grammont Alexandre Marie François de Sales Théodule, marquis de Grammont;

Louis Gabriel de Noailles (1768-1770).

Veuf en 1794, il se remarie en 1796 avec Elisabeth Wilhelmie Justine von Mosheim (†1824), comtesse Golowkine, rencontrée en Suisse, mais il n’a pas d’enfants de ce second mariage.

Distinctions

L’ordre de la Toison d’or, dit aussi la Toison d’or ou la Toison, est aujourd’hui l’ordre de chevalerie le plus élevé et le plus prestigieux d’Espagne.

Il est fait chevalier de l’Ordre de la Toison d’or en 1780.